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Mandres-les-Roses
Notice
historique |
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L'origine de Mandres est récente : elle remonte à la fin du 11ème siècle. Le 3 août 1117, la Cité épiscopale de Paris cède au prieuré de Marolles les biens qu'elle possède au bois d'Hôtel, près des huttes des disciples de Saint Thibault. Les hôtes de Notre-Dame avaient construit, près des Thibault de Mandres, perpendiculairement aux chemins qui avaient guidé leurs défrichements, des travées qui groupaient tous les bâtiments de leur exploitation ou manse. L'espace compris entre deux travées forme une propriété collective avec puits commun, la cour. Mandres, avec ses vingt et un cours, a conservé la structure caractéristique des villages de colonisation rurale des 12ème-13ème siècles. Epargnée par la famine, la peste noire et les chevauchées anglaises, Mandres souffre en revanche de la guerre entre Armagnacs et Bourguignons : les troupes anglo-bourguignonnes occupent Mandres de 1421 à 1430. Ces difficultés provoquent la concentration des terres au profit des fermes seigneuriales et l'arrivée d'une population nouvelle et de Bourguignons qui créent le vignoble des Vinots. Avec la Réforme, le conflit qui oppose depuis 1490 les seigneurs de Mandres s'exaspère. Les troupes de l'amiral de Coligny pillent l'église. Mandres sera encore brûlée en 1652, lors de la Fronde. A la fin du 16ème siècle, Vincent de Meurdracq bâtit le manoir des Charmilles et introduit le mûrier. Une magnagnerie alimente bientôt les métiers qui tourneront dans les cours 3 et 5 jusqu'en 1830. Le vignoble s'étend au 18ème siècle. Vers 1775, Berne introduit la culture du rosier dans ses pépinières. Monsieur, frère de Louis XVI, achète la seigneurie des Tours Grises en 1774 : la ferme de Monsieur, bien national en 1792, est achetée par Sellier, maire de 1798 à 1804, puis rattachée en 1813 au domaine de Grosbois. Occupée par les Cosaques en 1814 et 1815, pillée en 1871 par les Bavarois, la commune évolue à la fin du siècle vers des cultures spéculatives stimulées par le marché parisien (inauguration de la gare en 1876). La vitalité des cultures maraîchères et de l'horticulture empêche, après 1914, le morcellement de la ferme de Monsieur. Cependant, dès 1924, les lotissements se développent. Occupée le 14 juin 1940, libérée le 26 août 1944 par la colonne Leclerc, Mandres étend alors rapidement son tissu pavillonnaire, tandis que la culture de la rose profite de la période d'expansion des années 50 et 60 : la commune prend le nom de Mandres-les-Roses en 1957. Une dizaine d'exploitations ont disparu depuis, mais la réhabilitation de le ferme de Monsieur (1981) a permis de transformer le manoir des Tours Grises et de sauvegarder un ensemble d'architecture rurale unique en Ile-de-France. Pierre NICOL. |